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N°272
Le peuple juif traverse actuellement une période difficile, et l’horizon ne paraît pas s’annoncer plus souriant : heurts entre résidents juifs et forces de police à ‘Hévron, état de santé précaire du doyen des Qabbalistes Rav Its’haq CADOURI, état stationnaire du Premier Ministre, menace iranienne sur Israël. Ces bouleversements annoncent-ils une période particulièrement difficile ou sont-ils précurseurs d’une période plus florissante ?
La Torah est divisée en cinq Livres, et bien qu’ils forment un tout, chacun d’entre eux a sa propre dynamique. Le livre de Béréchit dont nous venons d’achever la lecture est le livre de la Création du monde et de la formation du noyau du peuple juif constitué par les trois Patriarches. Ainsi que nous l’avons développé dans nos dernières réflexions, chacun d’entre eux va léguer à toutes les générations, les particularités grâce auxquelles notre Peuple va perdurer, malgré son parcours parmi toutes les civilisations.
Le Livre de CHEMOT commence avec l’esclavage des béné Israël en Egypte, qui va s’étendre sur une période si longue (210 ans) que les générations qui naquirent en Egypte ignoraient la notion de liberté de penser et d’agir et les conditions dans lesquelles ils vivaient leur paraissaient être les seules possibles. C’est pourtant dans le creuset de fer de l’Egypte parce qu’unis dans l’épreuve commune, qu’ils resteront fidèles à l’Alliance et que se forgera la force d’âme qui les fera accéder à la Révélation.
Si nous considérons les évènements majeurs de notre histoire, nous verrons que chaque période florissante a été précédée de bouleversements particulièrement pénibles. L’esclavage d’Egypte débouchera sur la libération pour recevoir la Torah au Sinaï, l’exil de Babylone aboutira à la construction du 2ème Temple, et plus proche de nous, c’est après la terrible choâ que les nations autoriseront officiellement la création d’un Etat juif et notre retour sur la Terre d’Israël.
Ni les travaux physiques exténuants, ni le manque de nourriture et de repos, ni le fait que les égyptiens outrepassèrent la mesure de l’asservissement, ne rompirent l’endurance des juifs en Egypte ni ne les amenèrent à se révolter contre les décrets de Pharaon. Le point de rupture fut atteint lorsque Pharaon décréta d’épuiser physiquement les juifs en vue de mettre un terme à leur capacité de reproduction. Ils furent battus, mal nourris, outragés et traités en vulgaires esclaves, mais leur nombre continuait à progresser et Pharaon eut recours à un nouveau stratagème ; il appela les sages-femmes juives et il leur ordonna « tout mâle nouveau-né jetez-le dans le fleuve, et toute fille, laissez-la vivre ». Les juifs comprirent alors que ce décret amènerait l’amenuisement du peuple et sa disparition, et les sages-femmes ne se plièrent jamais au décret de Pharaon. C’est pour le mérite d’avoir mis au monde des familles nombreuses que les enfants d’Israël furent délivrés de l’exil en Egypte et le Zohar ajoute le mérite que jamais aucune femme enceinte ne se fit avorter, pas même à l’époque critique des décrets barbares de Pharaon.
Nous avons malheureusement entendu des hommes politiques du gouvernement précédent s’élever contre l’attribution aux familles religieuses d’allocations croissant selon le nombre d’enfants, invoquant qu’il était temps que ces familles planifient les naissances dans leur foyer.
Un bon ami m’a rapporté l’histoire récente d’un père de onze enfants. Lui et sa femme travaillaient, ils avaient marié trois de leurs enfants, couvraient les dettes découlant de ces mariages, lorsque leur quatrième enfant se fiança. Ils établirent des listes, firent les comptes de ce à quoi ils s’étaient engagés pour aider les futurs époux, et ils arrivèrent à la conclusion qu’ils n’étaient pas en mesure d’y répondre. Encouragé par des amis, le père se décida à se rendre à Londres, muni d’une liste de bienfaiteurs, généralement prêts à participer à la mitsva de « hakhnassat kala ».
Deux jours avant son retour, il fit les comptes des dons qui lui avaient été accordés, et à sa stupéfaction, ils couvraient tout juste ses frais de voyage et de son séjour à Londres. La veille de son départ, il se rendit à la synagogue, il s’assit, et il éclata en sanglots. Un fidèle se dirigea vers lui, et après avoir entendu son histoire, il lui conseilla d’aller voir un homme extrêmement riche, mais il l’avertit : sache qu’il peut te recevoir avec beaucoup d’égards, mais qu’il peut aussi bien t’humilier et te mettre dehors.
Notre ami pensa qu’il n’avait plus rien à perdre et il se rendit à l’adresse indiquée. Après avoir été reçu, il exposa sa requête et attendit. Tu n’as pas honte lui dit son hôte, de mettre des enfants au monde si tu ne peux pas les marier, quelle sorte de responsabilité est-ce d’être un père incapable de subvenir aux besoins de ses enfants ? Submergé de honte devant l’humiliation qu’il venait de subir, le père se dirigea vers la porte. Avant de quitter les lieux, il se retourna et demanda : dites-moi, combien d’enfants avez-vous ? Un, lui répondit l’hôte. Sachez, lui dit le père, qu’il y a trois associés dans la conception d’un enfant : la mère, le père, et D. Onze fois, D. m’a choisi comme associé à la création de ces enfants ; mais vous, n’avez été son associé qu’une seule fois, ne croyez-vous pas que cela donne à réfléchir ? Et il partit.
L’homme courut derrière lui et le pria de revenir à son bureau. Il lui demanda à combien s’élevaient les frais du mariage et il lui remit un chèque de la totalité. Puis il lui dit : pour votre prochain enfant, n’oubliez pas de revenir me voir ; je suis un businessman qui s’y connaît en affaires, et je suis sûr que si D. vous a choisi comme associé tant de fois, c’est qu’il s’agit certainement d’une très bonne affaire et je veux également être à mon tour votre associé.
merci a guysen news
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