Rav, écrivain, politicien et député de la Knesset, le rav Kahana fut une personnalité controversée que beaucoup considérèrent un peu comme un prophète pour
l'analyse clairvoyante qu'il fit de la réalité israélienne, analyse qui s'est en grande partie confirmée au fil des années. Entre autres, il considérait que le public
israélien ne se partage pas entre droite et gauche, religieux et non religieux, ashkénazes et séfarades, mais entre les défenseurs de l'identité juive de l'Etat d'Israël et ceux
d'une identité libérale et occidentale prêts à sacrifier l'identité juive de l'Etat d'Israël. Il était également connu pour ses idées politiques intransigeantes à propos du «grand
Israël» Il fut le fondateur de la Ligue de Défense Juive et du mouvement «Kah»
Le Rav Méïr Kahana z.l est né à New York le 1er août 1932 dans une famille orthodoxe. Son père, le Rav Yéhezkel Schraga Kahana, était né
en 1905, à Tsfat, en Erets Israël et sa mère, Sonia, était née en Europe de l'Est.
Adolescent, il était déjà très idéaliste. Il admirait Zeev Jabotinsky et avait rejoint le Betar, mouvement de jeunesse sioniste. Une caricature le
représentant faisant un discours effréné face à l’assemblée complètement vide de la Knesset (tout le monde savait qu’il avait l’intention de monter en Israël) parut dans le livre
annuel de fin d’année du lycée, dont il était l’un des rédacteurs principaux. Ce fut un peu comme une sorte de prédiction de l'avenir…
Le Rav Méïr Kahana étudia à la Yeshiva Mir à Brooklyn, où il reçut son diplôme de rabbin en 1956. Parallèlement à ses études rabbiniques, il passa
une licence en Histoire et en Sciences politiques, une maîtrise en Relations internationales et poursuivit des études de Droit à l’Université de New York. Durant ces années, il
resta très actif au sein du Bétar et du Bné Akiva (où il fut le moniteur de Libi qu’il épousa) et exerça en tant que rav d’une synagogue.
Une des notions qui était très chère au Rav Kahana, était celle de «Ahavat Israël» Cette notion n’était pas pour lui une «lettre morte», elle
touchait concrètement l’individu, comme ce vieux Juif isolé dans un quartier pauvre de New York, se barricadant derrière sa porte, pour se protéger contre les voyous antisémites
de son quartier.
En 1968, le Rav Kahana fonda la Ligue de Défense Juive, afin de protéger ces mêmes vieux Juifs pauvres qui résidaient dans les quartiers du centre
des villes des Etats-Unis et qui étaient victimes d’actes antisémites. Ces quartiers avaient autrefois été habités par des Juifs, mais au bout d’un certain temps, les Juifs
les plus aisés avaient quitté ces quartiers pour s’installer dans des quartiers luxueux situés en banlieues et des gens de basse condition socio-économique avaient pris leur
place. Parmi eux, il y avait des voyous qui se mirent à persécuter et à menacer les Juifs qui étaient restés dans le quartier. Ces Juifs n’avaient pas les moyens de se défendre.
C’est alors que le Rav Kahana décida d’organiser la jeunesse juive. Il s’adressa essentiellement à des jeunes qui s’étaient éloignés du judaïsme et il leur inculqua la fierté
d’être Juifs, leur fit connaître la valeur du judaïsme et les entraîna à défendre les Juifs contre les voyous.
L’impact de ces actions fut considérable. Tout d’abord, ils atteignirent leur but : la défense physique des Juifs, mais en plus, ils
renforcèrent la jeunesse juive dans leur sentiment d’appartenance au Peuple Juif Nombre d’entre eux finirent par monter en Israël, concrétisant de façon naturelle l’idéal
qui leur avait été inculqué au sein de la Ligue.
Les plus grands opposants de l’action du Rav Kahana au sein de la Ligue de Défense Juive, furent les représentants des institutions juives, car il
avait étalé au grand jour leur comportement problématique en tant que représentants des Juifs. La population juive était à l’époque la troisième en nombre dans la ville de New
York et elle comptait des centaines de milliers de Juifs pauvres qui avaient été abandonnés par les institutions qui étaient censées les représenter et les aider. Les dons qui
étaient versés à ces institutions servaient à toutes sortes de causes «universelles» et ils ne bénéficiaient même pas des subventions attribuées par les municipalités, car les
institutions juives ne les représentaient pas auprès d’elles, étant trop occupées à défendre les droits des Portoricains et des noirs…
Le Rav Kahana organisa une campagne en faveur des Juifs de Russie et il parvint à faire prendre conscience au monde entier de l’urgence de l’aide
qu’il fallait leur apporter. Le pouvoir russe faisait pression sur les Juifs pour qu’ils s’assimilent et pour effacer leur identité juive. Le Rav Kahana décida de se battre pour
ses frères. En résultat de sa campagne qui dura des années, le rideau de fer finit pas s'ouvrir considérablement, des dizaines de milliers de Juifs furent autorisés à quitter
l’Union soviétique et les persécutions du régime communiste envers eux diminuèrent grâce aux échos qu’elles provoquaient à travers le
monde.
Le Rav Kahana n'admit jamais la réaction du judaïsme des Etats-Unis durant la Shoah. Leur silence, leur désintéressement, leur peur de recourir à
tous les moyens pour influencer la politique des Etats-Unis afin de sauver leurs frères menacés, furent pour lui l’exemple de l’échec de la peur, qui témoigna d’un égoïsme et d’un
manque de loyauté envers leurs frères qui finirent dans les crématoires. Il refusa de se résoudre à une telle attitude.
«Le refus du Président Roosevelt de bombarder les chemins de fer et d’accueillir les réfugiés juifs aux Etats-Unis, fut un crime. Mais quelle fut
la réaction des dirigeants juifs à ce crime ? Ils se gardèrent d’appeler les cinq millions de Juifs américains à descendre dans la rue, à déclencher une grève générale et à
se soulever. Les Juifs n’étaient pas prêts à renoncer à leur image de «respectabilité», même s’il était question de sauver la vie de leurs frères d’Europe et ce crime ne mérita
rien de plus que de faibles et insignifiantes réactions» (Histoire de la Ligue de Défense Juive, page 82)
Dans son fond intérieur, la seule chose qui comptait, c'était : «Et toi, qu’est-ce ce que D’. attend donc de toi ?» C’est
cette voix qu’il écoutait et non celle des politiciens et des forgeurs d’opinion publique…. «Je suis convaincu que chaque fois qu’un Juif arrive dans le monde du Emet,
ces âmes l’interrogent : Où étais-tu lorsque nous appelions à l'aide ? Ce sont les âmes des Juifs de la Shoah d’Europe. Celles des Juifs de Russie poseront la même
question et je veux être à même de leur répondre : J’y étais et j’ai fait tout ce que j’ai pu» Entre autres, il boycotta les représentations d'artistes venus se
produire aux Etats-Unis dans le cadre "d'échanges culturels, il émit des menaces à l'encontre de diplomates soviétiques en réaction à la mise à mort de Juifs, et organisa des
manifestations qui poursuivirent les diplomates russes durant tout leur séjour.
Dans un article qui parut dans le livre "Prêtre et prophète", il expliqua ces démarches: tout d'abord, il considérait qu'il était impératif
d'informer le public à propos du problème des Juifs de Russie et il était convaincu qu'un problème ne peut être résolu qu'à condition que le monde en prenne connaissance.
Deuxièmement, selon lui, la situation des Juifs de Russie n'empirerait pas, quelles que soient les actions entreprises par la Ligue et il fallait absolument que les Juifs se
trouvant de l'autre côté du rideau de fer sachent que les Juifs du monde se soucient de leur sort, pour qu'ils ne perdent pas espoir et qu'ils tirent du réconfort et de la force
du soutien de leurs frères juifs. Il en conclut que seule la violence projetterait la question des Juifs de Russie à la une des journaux et c'est ce qu'il fit. Les actions de la
Ligue de Défense Juive provoquèrent une ouverture sans précédent du rideau de fer et plus de 60 000 Juifs, dont des jeunes et des intellectuels furent autorisés à rentrer chez
eux, en Erets Israël.
Malgré sa réussite, le Rav Kahana était conscient des risques qu'il prenait en engageant une action "anti-institutionnelle" et en ayant recours à des
méthodes non-conformistes.
En 1971, le Rav Kahana émigra en Israël. Profondément préoccupé par l'assimilation de la jeunesse juive aux Etats-Unis, le Rav Kahana continua
d'effectuer des voyages et resta étroitement en contact avec le judaïsme américain. Il donnait plusieurs fois par an des conférences à travers le pays, dans les campus
universitaires, afin d'inciter les étudiants juifs "à se rapprocher du judaïsme, à monter en Israël, à être fiers d’être Juifs, à ne jamais renoncer à leur idéal et à se battre
pour le défendre"
A son arrivée en Israël, le Rav Kahana avait déjà compris que le principal problème avec lequel l'Etat devrait se mesurer, serait son identité juive
et ce entre autres, compte tenu du fait que les citoyens arabes qui vivaient en Israël rejetaient la définition de l'Etat en tant qu'Etat juif. Il savait que le Peuple d'Israël
était partagé entre la volonté de réaliser son identité juive et celle de devenir un peuple comme un autre, aux valeurs occidentales, universelles et libérales. Cette conception
leur posait problème face à la question des Arabes d'Erets Israël qui ne laissait que deux options : ou l'on est occidental et libéral et l'on accepte l'éventualité d'annuler
l'Etat juif par des moyens démocratiques et totalement légaux, en formant une majorité arabe qui annulera les caractères juifs israéliens de l'Etat, ou l'on évite cette
éventualité par des moyens pas tout à fait "occidentaux et libéraux"
De gauche comme de droite, la plupart des gens faisaient mine d'ignorer le problème démographique qui s'accentuait et ils pensaient que le problème
se résoudrait grâce à la Alya massive ou en "éduquant" les Arabes et en limitant la natalité chez eux. Aujourd'hui encore, nombreux sont ceux qui préfèrent faire mine d'ignorer le
problème et attendent que "quelque chose" nous sauve de la catastrophe démographique. Le Rav Kahana comprit qu'il y avait là un problème bien plus fondamental. En continuant de
penser et d'agir selon des règles occidentales et libérales, on risquait de porter atteinte à la légitimité de la définition de l'Etat d'Israël en tant qu'Etat juif, bien avant
l'instauration d'une majorité arabe.
Ce n'est pas sans raison que le Rav Kahana lança le slogan "Ou Kahana, ou Arafat" Rappelons qu'à l'époque, la droite dirigée par Shamir et par
l'idéologie du "Grand Israël", était au pouvoir, Arafat était banni à Tunis et il semblait qu'il était en fin de carrière. Le Rav Kahana avait compris qu'il n'y avait pas de demi
mesure : ou l'on adhère entièrement à son identité juive, avec tout ce que cela implique, ou l'on renonce au fondement même de notre droit à vivre ici. Et même en parlant de
hautes idées telles que "notre droit à l'ensemble de l'Etat d'Israël", on accepte en fait Arafat, le terroriste, le corrompu, l'ennemi, on lui reconnaît des droits égaux et
peut-être même la priorité sur Erets Israël.
Les déclarations et les actes des représentants de la droite ces dernières années n'ont fait que confirmer l'idée du Rav Kahana selon laquelle une
idéologie de droite, nationale, passive et vide de judaïsme, ne dispose pas des valeurs qui lui permettront de surmonter les principes de la gauche activiste.
Dans le contexte historique et politique des années 1980, le Rav Kahana analysait le conflit et ses origines et sa conception d'une solution par les
arguments suivants:
"Le conflit israélo palestinien est en fait un conflit judéo arabe qui a débuté de nombreuses années avant la création de l'Etat. Dès que les
Juifs commencèrent à se regrouper en Erets Israël et à concrétiser leur volonté de fonder une nation, les Arabes se mirent à les persécuter et à les assassiner tout au long de
l'histoire sioniste, bien avant la création de l'Etat, avant "l'occupation" de la Judée-Samarie et avant la naissance "d'implantations" (la tante du Rav Kahana, la mère de sa
tante et trois autres proches parents furent assassinés par des Arabes en 1937, alors qu'ils étaient en route pour Tsfat dans un taxi, après avoir assisté à un mariage à Haïfa.
Seule sa cousine survécut à cet attentat)
"Un Arabe, en tant que tel, ne peut s'identifier à l'Etat des Juifs. Ceux qui pensent qu'en lui donnant des droits sociaux, on réussira à
l'intégrer, méprisent sa condition en tant qu'Arabe. Vu qu'un Arabe ne peut s'identifier au caractère juif de l'Etat, il aspirera dans un premier temps à transformer le caractère
de l'Etat en celui de l'ensemble de ses citoyens, et dans un deuxième temps, en un état arabe, avec une identité nationale arabe. Certains arabes tenteront d'y parvenir
en ayant recours à des moyens démocratiques et d'autres utiliseront la violence et le terrorisme. Au cours des années, il n'y a jamais eu de rapport entre l'élévation du niveau de
vie et d'instruction des Arabes et la diminution de leur hostilité à l'égard d'Israël" C'est justement souvent les plus instruits parmi eux, qui se montrèrent plus
hostiles.
Il y a une contradiction entre la conception selon laquelle l'Etat d'Israël est un Etat juif où les Juifs sont majoritaires et dont la culture
est juive, un état ayant un engagement à remplir envers les Juifs du monde (loi du retour et relations particulières avec les communautés juives du monde) et celle selon laquelle
l'Etat d'Israël est une démocratie libérale, avec égalité totale des droits des citoyens juifs et arabes. Ceux qui considèrent que l'ont peut joindre les deux, refusent de voir la
réalité en face"
"Le fait que les dirigeants sionistes n'aient jamais affronté le problème arabe, nous a peu à peu donné l'image de gens malveillants, ayant une
double morale et qui font obstruction à toute solution. Une situation intermédiaire est immorale, que ce soit selon les principes occidentaux et libéraux, ou selon les principes
nationaux et juifs. Nous perdons dans tous les sens, nous ne résolvons pas le problème et nous nous sentons perpétuellement coupables.
Afin de résoudre le problème des Arabes en Erets Israël, il faut avant tout que les Juifs soient profondément convaincus qu'Erets Israël est la
Terre du Peuple juif, sur laquelle seuls les Juifs ont le droit d'exprimer leurs aspirations nationales. Les Arabes qui y ont vécu, ont vécu sur une terre qui ne leur appartenait
pas, qu'ils en aient été conscients ou pas. Si un Arabe désire y vivre, ce sera sous la souveraineté et le caractère national juifs et il sera considéré comme "résident
étranger", disposera du pouvoir d'achat, de protection, etc, mais n'aura pas le droit "d'expression nationale" Les Arabes qui voudront jouir de ce droit, devront choisir un des
vingt et quelques autres états arabes dans lesquels cette nationalité s'y exprime librement"
Selon le Rav Kahana, "une terre ne définit pas l'identité des gens qui y vivent, mais au contraire, elle est le lieu qui contient le peuple, qui
se définit selon des paramètres totalement différents. Il est donc ridicule de prétendre que l'installation d'un individu sur un lieu géographique précis, le pourvoit d'une
identité nationale. Donc, le fait qu'un Arabe vive en Erets Israël, ne lui octroie pas l'identité israélienne et bien entendu, ne le défait pas de son identité arabe. Le fait
d'habiter en Erets Israël n'est donc pas un critère et il ne permet pas d'intégrer "la nation israélienne"Le seul critère valable est donc celui de l'appartenance à la nation
juive"
"L'Etat d'Israël est né et n'existe que pour la nation juive et elle constitue le foyer du Peuple juif. Tous les enfants du Peuple juif, sans
exception, et où qu'ils soient, ont automatiquement droit à la citoyenneté dans l'Etat juif. Ceux qui ne sont pas Juifs peuvent résider en Erets Israël, mais sans citoyenneté et
sans droit politique, jusqu'à un nombre limite qui devrait être fixé en fonction de raisons sécuritaires de l'Etat et du Peuple juif. Aucun état ne pourrait donner à des gens qui
ne sont pas citoyens de leur pays, le droit d'y habiter, sans fixer de limite"
"Il faudrait proposer à tous les Arabes qui habitent en Erets Israël de s'installer volontairement dans un pays arabe, ou, si cela était
possible, dans n'importe quel autre pays au choix et dédommager tous ceux qui accepteraient cette proposition…
Les Arabes qui rejetteraient cette proposition, devraient prêter serment par une formule qui les engageraient à reconnaître Erets
Israël en tant que foyer du Peuple juif sous entière souveraineté juive et à reconnaître le droit exclusif et incontestable du Peuple Juif sur sa Terre. Ceux qui accepteraient de
prêter ce serment, seraient autorisés à résider en Israël…"
Le Rav Kahana avait un don extraordinaire pour toucher les gens avec lesquels il s'entretenait. Son souci pour autrui, la sincérité qui émanait de
lui, lui faisaient gagner la confiance des gens. Il n'est donc pas surprenant de constater que l'arme que ses adversaires choisirent pour le combattre et pour combattre ses idées,
fut l'exclusion et lui imposer le silence. Les "maîtres" de la démocratie israélienne, dont les médias, les tribunaux et le système politique, n'étaient pas prêts à exposer les
idées et la personnalité du Rav Kahana aux citoyens israéliens sans les faire passer par la censure des médias et ce, bien qu'en général, ils étaient d'avis que "le public est
mûr et qu'il faut dont lui fournir la totalité des informations, en lui laissant le soin de juger par lui-même" De nos jours encore, ils sont prêt à diffuser et à écouter les
propos d'ennemis de l'Etat et même d'individus qui ont assassiné des citoyens. Apparemment, ils sentaient que le défi qu'il présentait était trop grand pour qu'ils puissent s'y
mesurer directement. De ce fait, il ne fut jamais interviewé à la télévision en direct. Même après que la Cour suprême ait ordonné à l'autorité de diffusion de ne pas le
boycotter, rien ne changea. Inutile de préciser que ceux qui ne se rangèrent pas à l'avis de la Cour suprême, n'eurent jamais à rendre des comptes.
De leur point de vue, ils avaient raison de craindre le Rav Kahana, car plusieurs fois, lorsque des gens le rencontrèrent directement, ils finirent
pas tomber d'accord avec ses arguments et nombre d'entre eux devinrent ses supporters.
En 1976, le Rav Kahana avait créé le parti politique "Kah" Sous l’ordre administratif du gouvernement israélien, en 1980, le rav Kahana fut mis six
mois en prison sans lui donner la possibilité de remettre en cause toutes les accusations portées contre lui ou de présenter des témoins. Les charges retenues contre lui ne furent
pas rendues publiques. Selon certaines rumeurs, il aurait été accusé d’avoir eu l’intention de perpétrer un acte de sabotage sur le Mont du Temple. En fait, le Rav Kahana avait
provoqué un tollé public en insistant sur le danger que représentait la croissance de la population arabe en Israël. Le Rav Kahana était un défenseur des valeurs de la Tora et de
l’intégrité de la nation Juive. Par ailleurs, il affirmait que les Palestiniens n’avaient jamais existé en tant que peuple et il défiait quiconque de prouver le contraire ou de
donner un exemple dans l’histoire, où des Arabes musulmans avaient vécu paisiblement aux côtés d’autres populations.
En 1984, le Rav Kahana était parvenu à entrer dans la 11ème Knesset en gagnant un siège. Il s’efforça inlassablement d’intégrer dans la
législation des lois visant à protéger le caractère juif de l'Etat d'Israël, la sécurité physique des Juifs en Israël et la sécurité de l'Etat. A la veille des élections de 1988,
les sondages annonçaient que le parti Kah avait de grandes chances de remporter une importante victoire, en gagnant entre 8 et 13 sièges, ce qui aurait fait de "Kah" le
3ème plus grand parti politique d'Israël. Peu avant les élections, fait sans précédent en Israël, violant la démocratie israélienne, la Knesset exclut le parti du Rav
Kahana des élections, empêchant une grande partie de la population israélienne de voter pour le candidat de son choix, en votant une loi «anti raciste» excluant les partis
racistes de la Knesset.
En 1987, le Rav Kahana fonda la Yeshiva du «Réayon hayéoudi» (l'idée juive) à Jérusalem, prônant l’enseignement de «l’idée juive
authentique»
Le 5 novembre 1990, au terme d’un discours prononcé dans un hôtel de Manhattan, le Rav Kahana fut assassiné par balles par El Sayid Nosair. Il fut
prouvé que cet Arabe (Américain d’origine égyptienne) avait acheté l’arme du crime, mais aucun témoin n’ayant vu l’assassin tirer, il fut acquitté et condamné à payer une amende
pour l’acquisition du revolver. Trois ans plus tard, Nosair sera impliqué dans l’attentat meurtrier contre le centre commercial mondial de New York, après que de multiples manuels
et documents de fabrication de bombes aient été trouvés dans son appartement dans le New Jersey…
En 1994, à la suite de l’acte commis par Barouh Goldstein, qui était un défenseur des idées du Rav Kahana, le gouvernement prohiba le parti Kah, le
déclarant organisation terroriste.
Le Rav Méïr Kahana avait quatre enfants, deux garçons et deux filles. Le 31 décembre 2000, un de ses fils, le Rav Biniamin Zeev Kahana et son épouse
Talya furent assassinés dans un attentat, alors qu’ils roulaient dans leur voiture avec leurs enfants en direction du village Tapouah, où ils résidaient.
Je tiens à remercier le Dr Nitsa Kahana, la belle fille du Rav, qui m'a confié un article
qu'elle avait rédigé en hébreu et qui m'a considérablement aidée à réaliser ce portrait.
source : aroutz 7
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