Présentation

  • : israel mon amour (une juive sioniste , religieuse et fiere de l'etre)
  • israel
  • : Israel judaisme desinformation politique
  • : Oui, je défendrai le sable d'Israël, La terre d'Israël, les enfants d'Israël; Quitte à mourir pour le sable d'Israël, La terre d'Israël, les enfants d'Israël; Je défendrai contre tout ennemi, Le sable et la terre, qui m'étaient promis Quitte à mourir pour le sable d'Israël, Les villes d'Israël, le pays d'Israël; Tous les Goliaths venus des pyramides, Reculeront devant l'étoile de David... Serge Gainsbourg
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  • : 02/06/2006

artistes israeliens (annonces

sortie platinium mike brant

(contient des chansons inedites)


Mike Brant
Platinum collection

* CD album. 3 Volumes
15 €

Date de parution mars 2008




SORTIE MI MAI
MIKE BRANT
L'ULTIME COFFRET DE L A STAR DES ANNEES 70
+ DE 30 MILLIONS DE DISQUE
CONTENU DU COFFRET
DOUBLE BEST OF DE 40 CHANSONS
POSTER LIVRET DE 24 PAGES AVEC
BIO ET PHOTOS RARES,
SET DE CORRESPONDANCE
 (CARTES POSTALES, ENVELOPPES, CADRE)


































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concert 14 juillet dans le 19 eme

Posté le 11.07.2008 par israelsionisme


CONCERT ENSEMBLE DANS LE 19eme LUNDI 14 JUILLET 2008 PLACE DE LA BATAILLE DE STALINGRAD

Par uejf - 10 juillet 2008 17:22

lundi 14 juillet 2008 l'UEJF et SOS racisme vous convient à un grand concert gratuit Place de la Bataille de Stalingrad, (dit Place de la Rotonde) de 17h à 20h

Animé par Phil Darwin
Avec de Daniel Lévy, et la participation de Michel Boujenah et Mouss Diouf et en présence des représentants du mouvement Loubavitch et du Rav Pinto.
De nombreux artistes se succèdereont sur scène :
Troupe de Klezmer, Hassid Dance, Free Style Dream, John Zerah (Nouvelle Star), RnB Yourself, Olivier Miller, Hakim, WRK, LS, Massif, Anouche de High Soul Music...

Suite aux violences survenues dans la rue Petit il y a deux semaines, nous ne pouvons pas fermer les yeux face aux logiques de violence, de ghettoïsation et de replis identitaires à l’œuvre sur le 19ème arrondissement de Paris.

SOS Racisme et l’UEJF dénoncent depuis des années la spirale des préjugés et de la haine de l’autre qui se développe sur nos quartiers.

Le recul de la mixité à l’école, la disparition de lieux de rencontres et le manque d’échanges sont la base d’incompréhensions et, chez certains de nos jeunes, d’une volonté de se construire en se confrontant les uns aux autres pour défendre un « territoire » ou une « origine ».

La multiplication des incivilités, insultes racistes et violences qui ont lieu dans l’espace public ne doivent pas remettre en cause l’esprit de fraternité qui existe majoritairement dans notre arrondissement !

Le 19ème arrondissement de Paris est un quartier où il fait encore bon vivre ensemble et il doit le rester.
Alors, rejoignez nous lundi 14 juillet 2008 pour un grand concert gratuit Place de la Bataille de Stalingrad, dit Place de la Rotonde de 17h à 20h.
Avec Ni Putes Ni Soumises, Jeunesse Armenienne de France, Ibuka France, FIDL
et les associations du 19 ème arrondissement: Bulles d'oxygènes, Compagnie deferlante, Entraide et espoir, Comité des fêtes du quartier Riquet, Regain, RNB Yourself, Compagnie Vassorio, Régie du quartier de la Vilette, Compagnie Deferlante, Maison des copains de la Vilette, Antenne Jeunes de Flandres, Centre J2P, Association du vivre ensemble, Mishkenot Israel, Ketoret, Association des commerçants juifs de la rue Manin, High Soul Music, FMH…




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                  Chiourim.org,

                       No.38 | Parachat Balak| 10 Juillet 2008

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A la Une: Le Forum de Chiourim.org

         

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Edito...
Très longtemps resté un "tabou" dans le judaisme, la sexualité ne demeure pas moins un sujet qui a grandement son importance dans la Torah.Tout simplement, parce que durant toute ces années, nous avons failli quant à redonner sa dimension spirituelle, ce qui fait que lorsque l’on en fait état, on pense souvent à de la débauche plutôt qu’a de la spiritualité.

C’est pour cela,que  Rav Mordehay Bitton ( il répond à vos questions sur le forum, avec un petit délai!) convaincu du contraire, donna une conférence à des jeunes francophones à ce sujet afin de préciser la place qu’elle occupe au sein d’une vie de Torah.

Il ne tient qu’a nous de limiter la vulgarisation de ce sujet afin que nos enfants et nous même, sachions qu’il n’est pas honteux d’en parler ( biensur avec ses limites) dans le but de savoir ce qu’H. attend de nous à travers ce sujet.


Chabbat Chalom ,Y.Abbou

                                     
Cette semaine, tout savoir sur la
parachat Balak

                                   

        
Le texte de cette sidra annonce un autre conflit. Il s’agit cette fois des ennemis du peuple d’Israël qui essaient de lui barrer la route dans sa marche vers sa destinée la Terre de Canaan. Cette guerre n’est pas classique dans la mesure où le peuple hébreu ignore jusqu’à l’existence de Balak ou de Bilaam. Tout se passe en catimini entre un roi, Balak roi de Moab et de Madian et un prophète des Nations, Bilaam. Le premier invite le second à maudire les hébreux à leur insu.

Bilaam accepte de venir à Moab et d’essayer de trouver le moment favorable pour que D. agrée à ses malédictions. Le dessein de Bilaam est contrecarré par D. lui-même. Toutes les malédictions se transforment dans la bouche de Bilaam en bénédictions. Balak, vous vous en doutez, se met en colère contre ce prophète qui rate tout ce qu’il entreprend. Par trois reprises il bénit et ne peut sortir une seule malédiction. Balak renvoie Bilaam manu militari.

Ce prophète des nations disent nos sages est l’équivalent de Moché le prophète des hébreux. L’aspect extérieur avant cette mésaventure lui conférait respect et admiration. Il était adulé, craint et n’hésitait pas à démontrer son respect de (Lire la suite...)


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Le saviez vous?...

Jouer au casino, est-ce réellement interdit?

Question
: Ma question concerne plus généralement l’interdit de jouer au casino.Il semblerait selon votre réponse qu’il soit purement interdit de jouer dans un casino.
Je conçois que cette activité ne soit pas des plus recomandables, mais ne peut-on pas permettre lorsque:

-La personne gagne sa vie d’une autre manière
-Elle joue dans un casino ou il y une majorité de non-juif
-Elle joue rarement et juste pour le plaisir (il n’y a pas vraiment de risque de dépendance)
-Elle ne vise pas à gagner de l’argent puisqu’ele sait qu’elle va perdre de toute façon la somme quelle aura fixé
-Elle joue dans des jeux n’impliquant pas une compétence spécifique (roulette, boule...), ce qui diminue le risque de Asmakhta

Merci de votre précieuse aide sur ses points, de nombreuses personnes sont dans le flou sur le sujet.

-Rav Meir Cahn : Indépendamment des avis qui, sous certaines conditions et dans certaines circonstances, estiment que le Méssa’hèk Békoubia (le joueur) n’a pas perdu sa Kachroute (sa capacité) à porter témoignage, le jeu restera interdit, comme stipule le Choul’hane ‘Aroukh en reprenant la formulation du Rambam, car « le joueur s’occupe de Dévarim Bétélim (de futilités), alors qu’un homme ne devrait s’adonner, tout au long de sa vie, qu’aux Divré ‘Hokhma (choses du savoir, de la Tora) et au Ychouvo Chèl ‘Olam (aux affaires permettant de ‘’peupler’’ le monde » (22). De même, le Choul’hane ‘Aroukh dans Ora’h ‘Haïm, interdit le jeu, sous toutes ses formes (23). De toute évidence, le Rama n’y conteste pas cette décision (24), et le Choul’hane ‘Aroukh Hagraz (25), ainsi que le Michna Béroura (26), la ratifie.

Kol Touv

Tiré de “Responsa Na’hala Shlomo”.

                                  
             
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Daniel
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3 juillet 2008

 
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La menace alliée [islamiste-gauchiste]

par Daniel Pipes
National Review
14 juillet 2008
http://fr.danielpipes.org/article/5727

Version originale anglaise: [The Islamist-Leftist] Allied Menace
Adaptation française: Alain Jean-Mairet

«Voici deux pays frères, unis comme les doigts de la main», déclarait le socialiste Hugo Chávez pendant une visite à Téhéran, en novembre dernier, pour souligner son alliance avec l'islamiste Mahmoud Ahmadinejad. Le fils de Che Guevara, Camilo, qui a aussi visité Téhéran l'an passé, a affirmé que son père aurait «soutenu le pays dans sa lutte actuelle contre les États-Unis». Ils imitaient ainsi Fidel Castro qui, pendant une visite rendue en 2001, déclara à ses hôtes qu'«en collaborant, l'Iran et Cuba pourrait mettre l'Amérique à genoux». Pour sa part, Ilich Ramírez Sánchez («Carlos le chacal») a écrit dans un livre intitulé L'islam révolutionnaire que «seule une coalition de marxistes et d'islamistes peut détruire les États-Unis».

Et il n'y a pas que les gauchistes d'Amérique latine à discerner un potentiel dans l'islamisme. Ken Livingstone, l'ex-maire trotskiste de Londres, embrassa littéralement le fameux penseur islamiste Yusuf al-Qaradawi. Ramsey Clark, ex-ministre américain de la Justice, a rendu visite à l'ayatollah Khomeiny et lui a offert son soutien. Noam Chomsky, professeur au MIT, s'est rendu auprès du leader du Hezbollah Hassan Nasrallah et a approuvé la décision du Hezbollah de conserver ses armes. Ella Vogelaar, la ministre hollandaise de l'Habitat, des Quartiers et de l'Intégration, est si bien disposée envers l'islamisme qu'un critique, le professeur d'origine iranienne Afshin Ellian, l'a appelée «la ministre de l'islamisation».

Pendant sa première campagne présidentielle en 2004, le démocrate américain Dennis Kucinich a cité le Coran et incité un public de musulmans à scander «Allahou akbar» («Dieu est grand»). Il a même déclaré: «J'ai un exemplaire du Coran à mon bureau.» Spark, la revue des jeunes membres du Parti travailliste socialiste britannique, a fait l'éloge d'Asif Mohammed Hanif, le terroriste suicidaire britannique qui a attaqué un bar de Tel-Aviv, le présentant comme un «héros des jeunesses révolutionnaires» qui a accompli sa mission «dans l'esprit de l'internationalisme». Workers World, un journal communiste américain, a publié une nécrologie louant les mérites du terroriste en chef du Hezbollah, Imad Mughniyeh.

Certains gauchistes vont plus loin encore. Plusieurs — Carlos le chacal, Roger Garaudy, Jacques Vergès, Yvonne Ridley et H. Rap Brown — se sont convertis à l'islam. D'autres réagissent avec euphorie à la violence et à la brutalité de l'islamisme. Le compositeur allemand Karlheinz Stockhausen a qualifié les attentats du 11 septembre 2001 de «plus grande œuvre d'art imaginable pour tout le cosmos» et feu le romancier américain Norman Mailer trouvait ses auteurs «brillants».

Et rien de tout cela n'est nouveau. Pendant la guerre froide, les islamistes préféraient l'Union soviétique aux États-Unis. Pour reprendre les termes utilisés par l'ayatollah Khomeiny en 1964, «l'Amérique est pire que la Grande-Bretagne, la Grande-Bretagne est pire que l'Amérique et l'Union soviétique est pire que les deux. Chacun d'eux est pire que les autres, chacun d'eux est plus abominable que les autres. Mais aujourd'hui, nous avons affaire à cette entité malveillante qu'est l'Amérique.» En 1986, j'écrivais que «l'URSS ne subit guère qu'une petite partie de la haine et du venin destinés aux États-Unis».

Les gauchistes retournaient le compliment. En 1978-79, le philosophe français Michel Foucault a manifesté un grand enthousiasme pour la Révolution iranienne. Comme l'expliquent Janet Afary et Kevin B. Anderson,

Tout au long de sa vie, la conception de l'authenticité nourrie par Michel Foucault a consisté à observer des situations dans lesquelles les gens vivent dangereusement et flirtent avec la mort, source de créativité. Dans la tradition de Friedrich Nietzsche et Georges Bataille, Foucault aimait l'artiste qui dépasse les limites de la rationalité et il défendait avec fougue les irrationalités qui franchissaient de nouvelles frontières. En 1978, Foucault trouva de telles forces transgressives dans le personnage révolutionnaire de l'ayatollah Khomeiny et des millions de gens qui risquaient la mort en le suivant dans sa Révolution. Il savait que des expériences aussi «limites» pouvaient conduire à de nouvelles formes de créativité et il lui donna son soutien avec ardeur.

Un autre philosophe français, Jean Baudrillard, présentait les islamistes comme des esclaves en rébellion contre un régime oppressif. En 1978, Foucault qualifiait l'ayatollah Khomeiny de «saint» et, une année plus tard, l'ambassadeur de Jimmy Carter aux Nations Unies, Andrew Young, parla de lui comme d'«une sorte de saint».

Cette bonne volonté peut paraître surprenante compte tenu des profondes différences séparant les deux mouvements. Les communistes sont des laïques athées et gauchistes; les islamistes exécutent les athées et imposent des lois religieuses. La gauche exalte les travailleurs; l'islamisme privilégient les musulmans. L'une rêve d'un paradis des travailleurs, l'autre d'un califat. Les socialistes veulent le socialisme; les islamistes acceptent le marché libre. Le marxisme implique l'égalité des sexes; l'islamisme opprime les femmes. Les gauchistes condamnent l'esclavage; certains islamistes l'approuvent. Comme le relève le journalise Bret Stephens, la gauche a consacré «les quatre dernières décennies à prendre fait et cause pour les libertés que l'islam rejette le plus résolument: liberté sexuelle et matrimoniale, droits des homosexuels, liberté de religion, pornographie, diverses formes de transgression artistique, pacifisme et ainsi de suite».

Ces divergences semblent éclipser les quelques ressemblances qui sont apparues à Oskar Lafontaine, l'ex-président du Parti social-démocrate allemand: «L'islam est basé sur la communauté, ce qui le place en opposition avec l'individualisme extrême sur le point d'échouer en Occident. [De plus,] le musulman pieux est tenu de partager ses biens avec autrui. L'esprit de gauche souhaite également voir le fort aider le faible.»

Pourquoi, dans ce cas, la création de ce que David Horowitz appelle l'«Alliance impie» entre la gauche et l'islamisme? Essentiellement pour quatre raisons.

Premièrement, comme l'explique le politicien britannique George Galloway, «le mouvement progressiste des quatre coins du monde et les musulmans ont les mêmes ennemis», à savoir la civilisation occidentale en général et les États-Unis, la Grande-Bretagne et Israël en particulier, de même que les juifs, les chrétiens croyants et les capitalistes internationaux. En Iran, selon l'analyste politique de Téhéran Saeed Leylaz, «depuis cinq ans, le gouvernement permet à la gauche d'exercer afin, concrètement, d'opposer une résistance aux religieux libéraux».

Leurs discours sont interchangeables: Harold Pinter décrit l'Amérique comme «un pays géré par une bande de fous criminels» et Osama bin Laden qualifie le pays d'«injuste, criminel et tyrannique». Pour Noam Chomsky, l'Amérique est «l'un des principaux états terroristes» et Hafiz Hussain Ahmed, un leader politique pakistanais, en parle comme du «plus grand état terroriste». Ces points communs suffisent à convaincre les deux parties de négliger leurs nombreux désaccords pour favoriser la collaboration.

Deuxièmement, les deux parties partagent certains objectifs politiques. Leur alliance a été forgée symboliquement en 2003 à Londres par une manifestation géante commune d'opposition à la guerre contre Saddam Hussein. Les deux parties souhaitent que les forces de la coalition échouent en Irak, que la guerre contre le terrorisme soit abandonnée, que l'antiaméricanisme se répande et qu'Israël soit éliminé. Elles s'accordent également sur l'immigration de masse et sur le multiculturalisme en Occident. Elles coopèrent sur ces plans lors de meetings, tels que la Conférence anti-guerre du Caire, qui rassemble les gauchistes et les islamistes autour d'une «alliance internationale contre l'impérialisme et le sionisme».

Troisièmement, l'islamisme a des liens historiques avec le marxisme-léninisme. Sayyid Qutb, le penseur islamiste égyptien, a adopté la notion marxiste d'étapes historiques auxquelles il ajoute simplement un postscriptum islamique; il a ainsi prédit qu'une ère islamique éternelle s'instaurerait après la chute du capitalisme et du communisme. Ali Shariati, l'intellectuel clé derrière la révolution iranienne de 1978–79, a traduit Franz Fanon, Che Guevara et Jean-Paul Sartre en persan. D'une manière plus générale, l'analyste iranien Azar Nafisi relève que l'islamisme «tire son langage, ses objectifs et ses aspirations au moins autant des formes les plus grossières du marxisme que de la religion. Ses leaders sont aussi influencés par Lénine, Sartre, Staline et Fanon que par le prophète.»

Passant de la théorie à la pratique, les marxistes voient dans les islamistes une étrange concrétisation de leurs prophéties. Marx annonça que les bénéfices des entreprises s'effondreraient dans les pays capitalistes et que leurs dirigeants réagiraient en saignant à blanc les travailleurs; le prolétariat allait connaître la pauvreté et la rébellion avant d'établir un ordre socialiste. Mais le prolétariat des pays industrialisés est au contraire devenu toujours plus aisé et son potentiel révolutionnaire s'est évanoui. Lee Harris note ainsi que les marxistes ont attendu en vain la crise du capitalisme pendant un siècle et demi. Puis vinrent les islamistes, à commencer par la révolution iranienne, suivie des attentats du 11 septembre et autres attaques contre l'Occident. Enfin le tiers monde avait entamé sa révolte contre l'Occident, réalisant les prédictions marxistes — quoique sous la mauvaise bannière et avec des objectifs incorrects. Olivier Besançonneau, un gauchiste français, considère les islamistes comme «les nouveaux esclaves» du capitalisme et demande s'il ne serait pas «naturel qu'ils s'unissent à la classe ouvrière pour détruire le système capitaliste». Comme l'observent l'analyste Lorenzo Vidino et le journaliste Andrea Morigi, à une époque où le mouvement communiste est «en ruines», les Nouvelles Brigades Rouges italiennes reconnaissent «le rôle dominant des ecclésiastiques réactionnaires [islamiques]».

Quatrièmement, le pouvoir: les islamistes et les gauchistes peuvent obtenir davantage en s'unissant que séparément. En Grande-Bretagne, ils ont formé ensemble la Stop the War Coalition, dont le comité directeur comprend des représentants d'organisations telles que le Parti communiste britannique et la MAB (Muslim Association of Britain). Le Parti du Respect britannique amalgame le socialisme international radical et l'idéologie islamiste. Les deux parties ont joint leurs forces pour l'élection du Parlement européen en mars 2008, proposant des listes communes de candidats en France et en Grande-Bretagne sous des désignations de parti peu révélatrices.

Les islamistes bénéficient particulièrement des accès, de la légitimité, des talents et de l'impact que leur procure la gauche. Cherie Booth, l'épouse de Tony Blair, alors Premier ministre, a plaidé au niveau de la Cour d'appel pour aider une jeune fille, Shabina Begum, à porter le jilbab, un vêtement islamique, dans une école britannique. Lynne Stewart, un avocat de gauche, a enfreint les lois américaines et a fait de la prison pour aider Omar Abdel Rahman, le cheikh aveugle, à fomenter une révolution en Égypte. Volkert van der Graaf, un fanatique des droits des animaux, a tué le politicien hollandais Pim Fortuyn pour l'empêcher de transformer les musulmans en «boucs émissaires». Vanessa Redgrave a financé la moitié d'une caution de 50.000 livres pour permettre à Jamil el-Banna, un suspect de Guantánamo accusé d'avoir recruté des djihadistes pour aller se battre en Afghanistan et en Indonésie, de sortir d'une prison britannique; Redgrave a déclaré considérer son geste en faveur d'el-Banna comme «un profond honneur», bien que l'homme soit recherché en Espagne pour des accusations liées au terrorisme et soit suspecté d'entretenir des liens avec Al-Qaïda. À une plus grande échelle, le Parti communiste d'Inde a fait le sale travail de Téhéran en retardant de quatre mois le lancement de TecSar, un satellite espion israélien. Et des gauchistes ont fondé l'International Solidarity Movement pour empêcher les forces de sécurité israéliennes de protéger le pays contre le Hamas et les autres groupes terrorises palestiniens.

Dans le Spectator de Londres, Douglas Davis qualifie cette coalition d'«aubaine pour les deux parties. La gauche, alors une maigre bande de communistes, de trotskystes, de maoïstes et de castristes, s'accrochait à la lie d'une cause en bout de course; les islamistes pouvaient fournir les foules et la passion, mais ils avaient besoin d'un véhicule, d'un moyen de prendre pied sur la scène politique. Il devenait ainsi impératif de conclure une alliance tactique.» Ou, plus simplement, pour reprendre les termes d'un gauchiste britannique, «les avantages pratiques de la coopération permettent de compenser les divergences».

Le rapprochement croissant des gauchistes et des islamistes est l'un des développements politiques actuels les plus préoccupants, car il entrave les efforts d'autoprotection de l'Occident. Lorsque Staline et Hitler ont conclu leur pacte tristement célèbre de 1939, l'alliance rouge-brune a constitué un danger mortel pour l'Occident et, en fait, pour la civilisation elle-même. La coalition actuelle représente la même menace, d'une manière certes moins spectaculaire mais non moins certaine. Et comme sept décennies auparavant, celle-ci doit être mise en lumière, dénoncée, rejetée et vaincue.


 

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L'ANTI JUDAÏSME DANS L'ISLAM

Léon Alhadeff

Les Frères Ennemis

Dans ce qu'on appelle communément "la trilogie de l'héritage d'Abraham ", il est utile de rappeler les liens entre les deux plus grandes religions par l'importance numérique de leurs fidèles - le christianisme et l'islam -, et celle qui, insignifiante par le nombre de ses adeptes - le judaïsme - en est la source.

Le christianisme reconnaît au peuple juif, pour les besoins de sa cause et à la base de sa doctrine, le rôle de la transmission du premier message du Dieu unique par Abraham, Isaac et Jacob, quitte à frapper les Juifs d'indignité dans la poursuite de cette mission pour n'avoir pas reconnu en Jésus le Messie tant attendu et annoncé par les écritures hébraïques. Là, la position est claire.

A l'opposé, l'islam renie aux Juifs la primauté de ce rôle éminent, en revendiquant pour lui le droit, en ligne primogénitale, à l'héritage d'Abraham qui (je cite le Coran) "n'était ni Juif ni Chrétien, ... ; il était orthodoxe et adorateur d'un seul Dieu ". Qu'avancent les doctrinaires de l'islam pour étayer cette revendication ? Leur raisonnement est des plus simples ; après avoir reçu la révélation du Dieu unique, Abraham, issu du paganisme, devait transmettre le flambeau par sa progéniture. Or, sa première épouse en titre - Sara - étant stérile, ce fut de sa servante égyptienne Agar qu'il eut son premier fils - Ismaël -, alors que Sara n'accouchera d'Isaac que treize ans après. La tradition islamique traite de forgerie tous passages du Pentateuque qui ne sont pas conforme à ses propres versions, et accuse les Juifs d'avoir falsifié, à dessein, les écritures mosaïques, jusqu'à supprimer, notamment, des passages annonçant la venue de Mahomet. Ainsi donc, l'islam ne fait aucune distinction entre Agar et Sara. La polygamie étant coutume courante dans les moeurs de l'époque - et encore aujourd'hui chez les musulmans - Ismaël étant le premier-né d'Abraham, c'est lui qui en a l'héritage, et les Juifs ne sont que des grossiers usurpateurs.

A la rigueur, cette argumentation pourrait être défendue si la prétention islamique n'achoppait sur une vérité historique incontestable. Alors que les descendants d'Abraham par Isaac et Jacob ont transmis le message sans interruption à travers quarante siècles jusqu'à nos jours, ceux d'Ismaël s'en sont purement et simplement détachés dès que ce dernier commença à errer dans les déserts d'Arabie pour se perdre dans les méandres d'idolâtries disparates et confuses, et ne refaire surface que bien longtemps après grâce à Mahomet et à ce qu'il apprit sur ses origines propres au cours de sa coexistence avec ses concitoyens juifs à Médine.

Environ 2600 ans séparent Ismaël de Mahomet. Pendant ces vingt-six siècles, l'histoire de l'Arabie, d'après les chroniqueurs les plus accrédités, notamment des Arabes eux-mêmes, est émaillée d'attaches mythologiques à caractère polythéiste, dénuées de la moindre trace de l'héritage d'Abraham. le Coran même en donne témoignage ; au chapitre 62, verset 2 , il et dit : " Avant lui (Mahomet), les Arabes étaient ensevelis dans de profondes ténèbres ". Le paradoxe est tellement flagrant, qu'il n'est guère besoin d'autres arguments pour y faire échec.

A la différence du judaïsme et du christianisme, toute la spiritualité de l'islam émane du Coran tout seul. Suivant la tradition, ce livre recueille l'ensemble des révélations divines à Mahomet au cours de vingt ans. Pendant ses méditations, il tombait en extase ou en transes, et recevait la visite de l'ange Gabriel (Djibril) en Arabe), qui lui transmettait les messages d'Allah. Mahomet demeura toujours analphabète et ne laissa aucun écrit. Il propageait les messages divins verbalement ; ses disciples devaient les retenir de mémoire, et les transmettre à leur tour, toujours oralement.

Cependant, après la mort du prophète en 632, et surtout au lendemain de la bataille de Yamamah en 633, où tombèrent la plupart de ses disciples connaissant les sentences par coeur, craignant qu'elles disparaissent à jamais, il fut décidé de les recueillir d'après toutes les sources encore disponibles. Comme il surgissait un conflit entre versions discordantes, le calife Othman chargea un parmi les disciples les plus dévoués - Sayd ibn Thabit - secondé de quelques autres sages, de rédiger un recueil de toutes les sentences connues. Ainsi est né le Coran en 652, vingt ans après la mort de Mahomet.

En parcourant ce livre, on est d'abord frappé par le désordre dans la disposition des sentences. Les prescriptions et les semonces se suivent pèle mêle de manière incohérente, ce qui peut relever de l'humeur changeante du prophète ou de l'amalgame désordonné des nombreux compilateurs. Le trait le plus caractéristique concernant les Juifs est une versatilité apparente, et même des contradictions flagrantes ; en voici quelques échantillons.

? Chapitre 2, verset 59 - les musulmans, les Juifs, les Chrétiens et les Sabéens, qui croient en Dieu et au jour
dernier, et qui feront le bien, en recevront les récompenses de ses mains ; ils seront exempts de la crainte et
des supplices.
? 2/99 - les idolâtres, les Chrétiens et les Juifs incrédules voudraient que Dieu ne répande sur vous (les
musulmans) aucune de ses grâces...
? 2/169 - Ceux qui, pour un vil intérêt, cachent ce que Dieu à prédit dans les livres sacrés, n'auront pour
nourriture qu'un feu dévorant. (Mahomet prétend que sa mission avait été prédite dans le Pentateuque, mais
que les Juifs ont supprimé ce passage).
? 3/78 - Celui qui professera un autre culte que l'islamisme n'en retirera aucun fruit et sera au nombre des
réprouvés.
? 3/106 - Les Juifs ne sauraient vous causer que de faibles dommages. S'ils combattent contre vous, ils
tourneront le dos et n'auront point de secours à attendre.
? 3/107 - L'opprobre entassé sur leur tête les suivra partout... Dieu a imprimé sur leur front le sceau de sa
colère. La pauvreté s'est appesantie sur eux...
? 3/184 - Dieu reçut l'alliance des Juifs à condition qu'ils manifestent le Pentateuque et qu'ils ne cachent
point sa doctrine.
? 5/23 - Lorsque Moïse dit aux Israélites : Souvenez-vous des grâces que vous avez reçues de Dieu ; il vous a
envoyé ses prophètes ; il vous a donné des rois... (passage manifestement absurde : avant Moïse, les
Hébreux n'eurent guère ni prophètes ni rois).
? 5/56 - Ne formez point de liaisons avec les Juifs et les chrétiens...Celui qui les prendra pour amis deviendra
semblable à eux.
? 5/73 - ...les Juifs, les Sabéens et les Chrétiens qui croient en Dieu... seront exempts de la crainte et des
tourments.
? 5/85 - ... les Juifs et les idolâtres sont les plus violents ennemis des fidèles, et parmi les Chrétiens vous
trouverez des hommes humains et attachés au croyants...42/13-14 - ... Les Juifs et les Chrétiens doutent de
la vérité... Nous adorons le même Dieu. Nous avons nos oeuvres et vous les vôtres. Que la paix règne parmi
nous.
? 47/4 - Si vous rencontrez les infidèles, combattez-les jusqu'à ce que vous en ayez fait un grand carnage ;
chargez de chaînes les captifs.
? Nous connaissons les discours des infidèles. N'usez point de violence pour leur faire embrasser l'islamisme.
? 59/7 - Les dépouilles enlevées sur les Juifs chassés de leur forteresse appartiennent à Dieu et à son envoyé
(Mahomet).
? 62/2 - C'est Lui (Dieu) qui a usité, au milieu d'un peuple aveugle, un apôtre pour lui expliquer la foi...
avant lui, les Arabes étaient ensevelis dans de profondes ténèbres.
? 62/5 - Ceux qui ont reçu le Pentateuque (les Juifs) et qui ne l'ont pas observé sont semblables à l'âne qui
porte des livres.
? 62/6 - O Juifs ! Si vous croyez être plus chers à Dieu que le reste des mortels, désirez la mort et montrez que
vous dites la vérité.
? 98/5 - Certainement, les Chrétiens, les Juifs incrédules et les idolâtres seront jetés dans les brasiers de
l'enfer. Ils y demeureront éternellement. Ils sont les plus pervers des hommes.

Ces sentiments, souvent diamétralement opposés, comportent au moins un avantage pour les adeptes de l'islam ; celui de modeler leur attitude envers les Juifs au gré des situations. Les grandes analogies doctrinales entre judaïsme et islam incitent les musulmans à la modération. Nombreuses sont les pratiques religieuses fondamentales com-munes : circoncision, monothéisme très strict, même restrictions alimentaires et un accord à rejeter toute idée de divinité au Jésus des chrétiens.

Il y donc dans le Coran des arguments justifiant n'importe quelle attitude envers les Juifs, depuis une tolérance frisant parfois l'amitié, jusqu'à l'hostilité la plus farouche, surtout lorsque, dans des moments de fanatisme exacerbé, sont évoquées les péripéties de la mort du prophète.

Au cours de sa campagne de ralliement dans la ville de Khaïbar, qui comptait beaucoup de Juifs, ses disciples donnaient un banquet en l'honneur de Mahomet. Un des mets qu'on lui servit, lui causa des douleurs violentes. On trouva que le met était empoisonné, et rien ne pouvait arrêter son oeuvre. Au paroxysme des douleurs il prononça des imprécations contre les Juifs, à la perfidie desquels il dit devoir sa mort ; il s'écria : " Que les Juifs soient maudits de Dieu ". Cette seule phrase constituera la base première de l'hostilité islamique envers le peuple juif tout entier ; elle deviendra le pendant islamique de l'accusation chrétienne de crime de déicide. Sans atteindre l'acuité de haine déchaînée du côté chrétien, certains passages du Coran, développés avec emphase et éloquence par un imam dans sa mosquée, devant une foule à l'affût du moindre signe, peuvent l'enflammer et la pousser jusqu'au massacre.

D'une manière générale, si les rapports avec les Juifs ne sont pas troublés par des facteurs d'exception, la position dictée par le Coran est caractérisée par un mépris tempéré de tolérance. Sauf motivation d'hostilité ponctuelle, il faut traiter les Juifs avec équité, ce qui se traduit, dans le droit musulman, par un statut de "protégé contre l'animosité des fidèles ", pour lequel l'islam a consacré le mot bien spécifique de "dhimmi ". Ce statut garantit le libre exercice du culte et de tous métiers ou autres activités, contre paiement d'un impôt spécial de capitation (en arabe " jizya "), d'un autre pour l'entretien de l'armée (censée assurer cette protection), et souvent de taxes locales arbitraires au gré de l'humeur versatile et de la gourmandise de dirigeants ambitieux.

Pour des motifs différents, l'islam reprend au christianisme l'idée d'une responsabilité collective de tout un peuple pour les torts attribués à une poignée de Juifs de Médine, qui rejetèrent par un refus les avances de Mahomet d'adhérer à son mouvement. A l'instar du christianisme et par des procédés analogues, quoique moins cruels, l'islam a contribué à mettre les Juifs au ban de la société jusqu'à accentuer leur particularisme de peuple déchu.

Comme au fil des temps, et au fur et mesure que s'étendait l'empire arabe, il fallait se faire à l'idée d'une coexistence avec minorité tolérée, que les conquérants arabes rencontraient dans tous les pays envahis - surtout au Proche-Orient et en Afrique du Nord -, sous les normes dictées par le Coran, le deuxième calife Omar (634- 644 s'attacha à faire codifier les règles devant guider le traitement des dhimmis. S'agissant d'une tâche inattendue pour des peuplades issues de la barbarie, il fallut chercher inspiration dans de situations semblables dans les territoires limitrophes.

C'est ainsi que le Code d'Omar comporte beaucoup d'analogie avec les lois anti-juives édictées par les empereurs byzantins dans les régions envahies par le déferlement des ordres arabes fanatisées. Parmi les normes intervenant le plus couramment dans la vie quotidienne :

? Interdiction : de construire de nouvelles synagogues, d'employer des Musulmans d'empêcher la conversion
d'un Juif à l'islam ; d'adopter toute appellation ou nom musulman ; de porter des armes ; de monter à cheval
ou à mulet, seul l'âne sans selle était permis) ; De construire des habitations et des sépultures plus hautes
que celles des Musulmans ; d'exercer toutes fonctions d'intérêt public ; d'occuper toutes positions mettant
des Juifs en état d'autorité sur des Musulmans ; de transférer toute propriété de Juifs décédés autrement
qu'en conformité avec le droit islamique.
? Obligations : de se tenir debout devant un Musulman ; d'héberger et de nourrir des voyageurs musulmans au
moins pendant trois jours ; de porter des vêtements. Des chaussures et des coiffures distinguant les Juifs des
Musulmans, couleur jaune imposée aux Juifs (comme chez les Chrétiens) ; de porter un signe spécial pour
entrer au bain public.

En fait, bien que le Code d'Omar soit conçu indistinctement pour les minorités juives et chrétiennes, il ne s'applique en réalité qu'aux Juifs seuls, qui ne peuvent se prévaloir de la protection d'une patrie propre, alors que les Etats chrétiens, par leur présence au milieu ou autour de l'empire arabe, peuvent, par la simple menace de représailles, commander quelque modération à l'égard de leurs sujets.

Cependant, cela n'empêcha guère, au cours de sept siècles de conflits armés entre Chrétiens et Arabes -depuis la naissance de l'empire islamique jusqu'à la fin des croisades - une succession ininterrompue de conversations forcées dans les deux sens, dont subsistent, encore aujourd'hui, des traces importantes parmi les populations du Proche-Orient.

Malgré les foudres du Coran et le Code d'Omar, les relations entre Arabes et Juifs furent assez bonnes à l'origine. C'est que, partout où déferlait leur invasion, les Arabes étaient reçus en libérateurs par les communautés juives, fort importantes à l'époque dans tout le Proche-Orient. Persécutés par le christianisme et les empereurs byzantins, successeurs de Rome, les Juifs connaissaient avec soulagement chez les Arabes une domination plus clémente, qui se bornait à les mépriser et à les taxer, mais leur laissait le libre exercice du culte et de toutes activités, n'usant à leur égard d'aucune violence, et surtout ne cherchant point à les convertir.

Aussi, lorsque Omar - le deuxième calife - prit Jérusalem en démolissant l'hégémonie byzantine, les Juifs manifestèrent leur joie et furent récompensés par une très large tolérance. Il en fut ainsi, et même mieux, en Espagne en 711, où les Juifs, victimes de persécutions et de baptêmes forcés par les Wisigoths christianisés, se jetèrent au devant des envahisseurs maures.

Depuis le triomphe d'Omar, dans la plupart des pays sous hégémonie arabe, une étroite collaboration - économique et culturelle - n'allait pas tarder s'établir entre Musulmans et Juifs. L'exemple le plus significatif de cette coexistence pacifique nous le trouvons en Espagne sous occupation arabe pendant huit siècles, depuis le débarquement à Gibraltar en 711, à travers une longue progression atteignant son apogée en 1037, et périclitant jusqu'à la chute du dernier bastion arabe à Grenade en 1492.

C'est en Espagne, à la faveur d'une large prospérité économique, encore inconnue ailleurs en Europe, qu'une symbiose judéo-arabe opéra une véritable révolution culturelle dans le monde. Les califes de Cordoue, de Tolède et de Grenade sont partout entourés de l'élite intellectuelle juive, qu'ils encouragent d'une généreuse munificence. Dans cette atmosphère faste, la culture judéo-arabe se répandra, aussi bien en péninsule ibérique que dans tout le Sud de la France et surtout de l'Italie. Maïmonide, Shlomo ibn Gabirol, Yehouda Halevy, Hasdaï Grescas, Abraham ibn Doud et tant d'autres - philosophes, astronomes, mathématiciens, médecins - y trouveront un terrain fertile, non seulement pour propager la culture juive - biblique et talmudique -, mais aussi pour inspirer et susciter par leur savoir un renouveau culturel sur tout le sud de l'Europe, et surtout favoriser l'éclosion de ce vaste mouvement que fut la Renaissance italienne.

C'est aussi à partir de l'Espagne sous hégémonie arabe, que se diffusera le grand courant mystique de la Cabale, interprétation secrète et transcendante des livres sacrés par une élite avec initiation, qui a donné lieu à une abondante littérature. Son oeuvre essentielle - le Zohar - semble avoir été rédigée en Espagne eu 13ème siècle, en grande partie par le cabaliste Moïse de Léon, d'après l'oeuvre attribuée au célèbre rabbi Simeon bar Yohaï (2ème siècle).

L'euphorie de la symbiose judéo-arabe, sans pareille dans l'histoire, fut assombrie par les hordes des Almohades, secte fanatique issue de tribus berbères des plateaux de l'Atlas au Maroc au début du 12ème siècle. Sous la conduite d'un intégriste puritain nommé Ibn Tumart, ils furent soutenus par les masses populaires misérables, exacerbées par les famines fréquentes qui ravageaient la région. En bien peu de temps, ce fut un raz- de-marée sur tout le Maghreb, et ensuite sur l'Espagne musulmane.

Poussés par une ambition de ce qu'ils appelaient "la purification de l'islam, les Almohades mirent les Juifs d'Espagne et du Maroc devant l'alternative de se convertir ou de quitter ces pays. Ce fut le désarroi dans toutes les communautés ; la plupart préférèrent partir, dont Maïmonide qui se réfugia au Caire ; d'autres firent un simulacre de conversion (comme les marranes en Espagne plus tard), en attendant des temps meilleurs.

A la faveur de rivalités internes, et sous le harcèlement des souverains chrétiens de Castille, de Navarre et d'Aragon, à la tête de leurs armées, les Almohades furent contraints de quitter l'Espagne après la débâcle subie à la bataille de Las Navas de Tolosa en 1212.

Cette date marque le début du déclin de l'empire arabe. Chassés d'Espagne et d'Italie, ils se trouvaient, en même temps, submergés dans leurs propres bastions par de nouveaux conquérants : les Turcs seldjoukides. Venant de l'Asie Centrale, ils déferlaient sur l'Anatolie, chassant progressivement les Byzantins, et, en peu de temps, poussaient leur invasion sur tout le Proche-Orient, pour implanter ce qui devait devenir le puissant Empire ottoman.

L'Emancipation du Dhimmi

Ce bref survol de la vie juive dans les pays de la diaspora orientale permet une constatation importante. Alors que dans le monde chrétien l'anti-judaïsme relève d'une doctrine fondée sur des bases dogmatiques ayant des racines inamovibles dans les textes du Nouveau Testament et solidement consolidée et enrichie au cours de nombreux siècles, la contrepartie islamique puise ses motivations dans quelques sentences du Coran, dont on retient principalement les attitudes versatiles de Mahomet dans ses relations avec son entourage juif.

On peut relever que, entre la naissance de l'islam en 622 EC et le début du 20ème siècle, les prescriptions du Code d'Omar qui en dérivent, bien que servant de base pour réglementer la vie des Juifs sous son hégémonie, furent plus ou moins appliquées, souvent dans un esprit de large tolérance, parfois même totalement oubliées, dans la mesure où les relations entre les deux ethnies - très liées par des affinités religieuses, ne subissaient pas de graves perturbations.

Jusqu'au début du 20ème siècle, un modus vivendi, supportable et durable, s'était consolidé entre Musulmans et Juifs, et rares étaient les incidents qui venaient l'altérer. Un événement capital pour les Juifs a mis fins à cette situation, radicalement dans les pays de langue arabe, et à de degrés décroissants d'animosité dans d'autres pays de l'islam. Le développement du sionisme et la création de l'Etat d'Israël, qui en fut l'aboutissement, ont amené, en un premier temps, les pays limitrophes non seulement à déterrer la hache de guerre, mais aussi à développer, parallèlement, une campagne d'anti-judaïsme farouche de portée universelle, sans précédent dans l'histoire, touchant tous les Juifs indistinctement.

Dans le courant d'hostilité que cet événement déclenchait, il allait de soi que les mesures graves prises contre les ressortissants Juifs des pays entraînés dans le conflit, provoquassent leur exode massif ou carrément leur expulsion. C'est ainsi que, de 1948 à 1951, environ sept cent mille Juifs quittaient les pays de langue arabe : Aden, Egypte, Iran, Irak, Liban, Libye, Maroc, Syrie, Tunisie, Yémen. Ils étaient, pour la plupart, dépossédés entièrement de leurs biens. Faute de moyens de subsistance, plus de la moitié d'ente eux cherchaient refuge en Israël, tandis que les autres se transféraient principalement en France, au Canada et au Brésil.

Ce grand chambardement ne suffisait pas à calmer la colère des populations autochtones concernées. Sous l'égide des autorités religieuses, une vaste campagne était orchestrée pour étendre l'hostilité par le couplage d'anti-sionisme et d'anti-judaïsme généralisé, le mouvement étant renforcé par deux facteurs politiques :

? La fanatisation des masses populaires dans des pays profondément sous-développés contre un ennemi déjà
entaché par les préjugés dérivant du Coran, pour leur faire oublier ou banaliser leurs conditions de vie
misérables ;
? L'emploi de cette arme par des souverains ou des dictateurs dans le but d'affermir leur pouvoir absolu,
autrement fragile et chancelant sous des régimes arbitraires et corrompus soutenus par la classe religieuse.

A cette atmosphère déjà lourde de conséquence s'ajoute une blessure émotionnelle profonde. Les défaites infligées aux Etats arabes limitrophes par Israël constituent la source d'humiliation la plus profonde que l'islam n'ait jamais subi depuis sa naissance, surtout venant de ce qui n'était naguère qu'une minorité sans défense, aussi bien parmi les Chrétiens que les Musulmans.

Pour mobiliser l'opinion publique dans tous les pays islamiques, et accentuer l'animosité non seulement contre Israël, mais surtout contre tous les Juifs sans distinction partout dans le monde (en suivant l'exemple consacré par le christianisme sur le principe de la culpabilité solidaire), les dirigeants de l'Université Al-Azhar au Caire convoquaient la 4ème Conférence de l'Académie de recherches islamiques en septembre 1968, un an après la cuisante défaite subie par l'Egypte et ses alliés limitrophes à la Guerre de six jours.

A travers la masse des textes des comptes-rendus, recueillis dans un volume d'un millier de pages, les délégations venues de tous les pays de l'islam, conduites par 77 ulémas, déballent un flot gigantesque d'injures, ponctuées de menaces de punition divine éternelle, dirigées non pas contre l'Etat d'Israël, mais sans distinction contre tous les Juifs dans tous les pays.

Bien que le Coran domine comme source d'inspiration, ces sages ne dédaignent point de puiser des arguments et des slogans à l'anti-judaïsme doctrinal des pères de l'Eglise, d'Edouard Drumont, à des légendes classiques - comme celles de meurtre rituel - à des calomnies rappelant les Protocoles des Sages de Sion, au vocabulaire raciste de Rosenberg, Goebbels et Hitler, et plus récemment à celui de la propagande soviétique. Pour ne ressortir que l'accent des propos de ces éminents personnages, voici en résumé un échantillonnage de quelques- uns uns parmi les plus pittoresques, groupés en trois volets :

1er volet

- Déformation ou distorsion de l'histoire du judaïsme - depuis Abraham et à travers quatre millénaires - par une analyse tendancieuse des textes sacrés Juifs : l'Ancien Testament et le Talmud.

- Au premier abord, la cause du comportement malfaisant des Juifs est qu'il leur a été transmis par leurs
ancêtres. En fait, c'est leur livre sacré (l'Ancien Testament) qui leur enseigne les pires choses. On
n'imagine jamais que ce livre inculque dans leur esprit des règles de conduite que seul le diable pourrait
approuver.
- Dans le passé, des catastrophes survirent aux Juifs si fréquemment, que seuls échappèrent à la destruction
les prisonniers et les vagabonds.
- Abraham était un Arabe, qui émigra avec sa tribu de l'Arabie vers l'Irak, puis au sud en Palestine. Il amena
son fils Ismaël en Hedjaz, où il posa les fondations de la maison sacrée de la Mecque. Abraham n'était ni
Israélite, puisque Israël était son petit-fils, ni Juif, puisque les Juifs descendent de Juda, fils d'Israël, et ne
pouvait pas être Chrétien, puisque Jésus apparut bien longtemps après. Donc, Abraham ne fut ni Juif ni
Chrétien, il fut muslim.
- Les Israélites, comme il est dit dans le 13ème volume de la Michnà ( ?), sanctionnent le meurtre de l'homme
ignorant. Les commentateurs sont d'avis que les ignorants doivent être éventrés comme on éventre les
poissons.
- Leur livre sacré, aussi bien que le Talmud, sont remplis de forfaits, de crimes et d'agissements horribles, qui
font penser qu'ils ont pleinement mérité tous les désastres et les afflictions qu'ils ont encourues.
- Il n'y a qu'un nombre insignifiant de Juifs qui quittèrent les pays arabes (depuis le conflit avec Israël),
surtout à destination du Brésil, de l'Argentine, du Canada et d'autres pays occidentaux. Cette migration fut
encouragée par Israël, qui préfère des Juifs européens à ceux des pays arabes, considérés comme Juifs de
deuxième catégorie, qui doivent s'établir dans des pays occidentaux, acquérir des coutumes modernes, avant
d'être dignes d'être admis en Israël.

2ème volet

- Partant de distorsions des textes bibliques et de l'histoire, composition d'un tableau faisant apparaître les Juifs comme les êtres les plus abjects de l'humanité. c'est le cheikh Abdallah-el-Mechad qui, s'inspirant des vitupérations de Mahomet dans le Coran (et apparemment, par leur affinité, de celles de l'évêque Jean- Chrisostome d'Antioche au 4ème siècle) dresse l'inventaire suivant des iniquités des Juifs : - Désobéissance à Dieu - manque de foi en ses prophètes, propension à l'assassinat - parjure, dureté de coeur - ergotage et double -face - lutte contre la vérité et tromperie - hypocrisie - égoïsme - propension à corrompre autrui - absence de conscience - désir de nuire - ressentiment contre les bienfaits accordés à autrui- morgue et suffisance - opportunisme et exploitation - tendance à transgresser la loi - lâcheté indécence dans la parole - avarice - prétention la plus excessive - crainte de la mort - mutilation des livres sacrés.



De tous cela on déduit facilement que les persécutions auxquelles les Juifs ont été exposés dans certains pays
d'Europe, et en particulier en Allemagne (Holocauste), étaient dues aux agissements secrets menés par des
magnats Juifs contre les gouvernements établis, ainsi qu'à leur domination grâce à leur influence financière et à
leurs méthodes sournoises, sur les classes sociales des pays où ils vivaient, et enfin à leur adhésion au racisme
religieux.

Toutes ces accusations servent à démontrer l'impossibilité de la moindre entente avec les Juifs et justifient
l'attitude prévalant dans les pays musulmans de les traiter en peuple " dhimmi ", toléré et protégé contre la
colère des fidèles (Musulmans). Mais les dirigeants se demandent comment peuvent-ils maintenir leur
engagement de les protéger, lorsqu'ils ne cessent de violer les devoirs et les obligations les plus élémentaires
envers leurs protecteurs.


3ème volet


- Ainsi marqué comme une tare dangereuse pour toute l'humanité (le cheikh Hassan Khald les traitant de
"chiens de l'humanité "), méconnaissance aux Juifs d'un statut de citoyens à part entière dans toutes les nations
et rejet de toute idée quelconque d'un Etat juif, au besoin par le "djihad " (guerre saine).

Les tares des Juifs leur font mériter la haine que leur vouent et les persécutions que leur infligent tous les peuples
parmi lesquels ils ont vécu. C'est pourquoi, les Juifs sont condamnés à errer pour l'éternité, comme des
vagabonds sans but, tantôt tolérés, tantôt pourchassés. (En cela, sous une version 20ème siècle, l'islam prend la
relève de la malédiction du Juif errant que la chrétienté semble vouloir abandonner).

Il va de soi que, en vertu de cette condamnation, la solution consistant à accueillir les Juifs dans un Etat à eux
doit être rejetée, puisqu'elle irait à l'encontre de la condamnation elle-même. Le sionisme est la même chose que
le judaïsme, puisqu'il cherche à atteindre les même buts de domination mondiale par l'action politique.

Après l'énorme déballage de haine anti-juive par la Conférence d'Al-Azhar, il est intéressant de rappeler un
principe consolidé dans l'islam, énoncé par le philosophe arabe Al-Tabarani dans son ouvrage ""Al-Aousat " :
Le mensonge est un péché, sauf quand il sert pour le bien-être d'un Musulman ou pour le sauver d'un désastre ".

Voilà qui est bien clair et édifiant, et qui explique un trait dominant de la mentalité arabe, surtout en cas de
conflit extérieur. On est alors amené à se poser cette simple question : où est la vérité et ou commence le
mensonge ? En remontant le cours de l'histoire de l'islam, depuis Mahomet à nos jours, ce qui émerge tout le
long c'est la versatilité des peuples arabes, l'opportunisme les faisant évoluer brusquement d'une inimitié
farouche à une amitié débordante. De tels changements ont toujours été fréquents, non seulement envers le
monde extérieur, mais également et aussi fréquemment au sein de l'islam, aujourd'hui entre "frères ", pouvant
devenir demain des ennemis mortels. Ce trait de leur caractère se trouve dans l'esprit même du Coran, où un
Janus omniprésent affiche tantôt le visage de la paix, tantôt celui de la guerre, face au même interlocuteur, en
l'occurrence le peuple juif.

Alors que jusqu'au début du siècle l'anti-judaïsme islamique semblait s'estomper, grâce à l'évolution sociale et
économique des masses dans plusieurs pays, un événement majeur - la restauration d'Israël - est venue le
raviver, en lui donnant une ampleur internationale jamais connue auparavant, surtout par sa mise à la remorque
du conflit arabo-israélien. En effet, depuis 1948 on assiste à des manifestations d'hostilité, voire même à des
attentats de plu en plus meurtriers contre des organisations juives, allant jusqu'à incendier de synagogues, dans
les conditions les plus lâches.

La publication et une large diffusion de protocoles de la 4ème Conférence islamique marque le démarrage
d'une vaste campagne de propagande dirigée contre le judaïsme dans le monde sans discrimination, comme base
incontournable de tout le conflit, ne laissant apparaître le problème israélien que comme un corollaire et une
exemplarité démonstrative d'une haine qui couve depuis le temps de Mahomet.

Sur cette plate forme s'organise un immense réseau d'information alimenté par des contributions financières
plantureuses provenant principalement des pays arabes producteurs de pétrole - Arabie Saoudite en tête -, et
encadré de personnel chevronné formé à bonne école en Egypte et au Liban.

Il va de soi que c'est aux Etats Unis que se concentre la première étape de cette gigantesque entreprise dans deux
directions : l'ONU, où le clan arabe jouit d'une majorité permanente qui pèse sur la politique mondiale dans le
conflit ; la communauté juive américaine, voie la plus appropriée pour accentuer la pression sur les dirigeants
israéliens.

Parallèlement, une propagande insidieuse se développe par la presse à sensation, soutenue par des journalistes
d'envergure internationale et par des personnalités politiques que les sympathies financières des potentats du
pétrole ne laissent guère indifférents.

On voit bien les résultats de cette action dans l'opinion un peu partout, particulièrement en Europe et surtout en
France. Les messages de haine anti-juive diffusés par les capitales arabes reçoivent un accueil largement
favorable, non seulement parmi les masses populaires, facilement versatiles, mais aussi dans les milieux
intelectuels, où on n'hésite pas à diaboliser Israël, en montrant du doigt ses dirigeants comme des bourreaux, et
automatiquement le judaïsme mondial avec son soutien inconditionnel.

Cependant, tout cet échafaudage ne peut servir, à lui seul qu'à entretenir la polémique dans les chancelleries et à
enliser dans les méandres sans issue les motions élaborées par le lobby arabe à l'ONU, sans que cela entame en
rien la détermination des Israéliens à consolider leurs positions.

L'exaspération que suscite cet enlisement renforce le clan des extrémistes de tous bords et les encourage à
poursuivre la lutte armée. Mais par les échecs humiliants subis par les armées arabes sur les champs de bataille,
les organisations terroristes ont acquis la conviction de leur impuissance face à la forteresse israélienne. Cela les
amène à organiser la lutte clandestine contre des organisations communautaires juives hors d'Israël, dans des
pays de leur plus importante implantation, par les moyens les plus lâches.

C'est une transposition d'un précédent historique. Comme naguère encore, et depuis deux millénaires, la
chrétienté faisait peser la culpabilité du "crime de déicide " solidairement sur tous les Juifs partout dans le
monde, l'islam fait de même en transposant son anti-sionisme sur un anti-judaïsme généralisé, en s'appuyant sur
le Coran et le Code d'Omar.

Cette situation peut durer encore de nombreuses années. Elle pourrait s'atténuer et même disparaître en deux
temps. D'abord, dans un avenir rapproché, par une solution du conflit israélo-palestinien ; ensuite, à long terme,
à la faveur d'une coexistence pacifique intime des ennemis réconciliés, par une évolution économique, sociale et
intellectuelle de la population palestinienne.


Les versets du Coran cités par l'auteur proviennent de la traduction du livre saint de l'Islam, faite par Savary, et publiée par les éditions Garnier Paris, 1958.




Daniel
 Pipes


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3 juillet 2008

 
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Qui a le plus de terrorisme islamiste, l'Europe ou l'Amérique?

par Daniel Pipes
Jerusalem Post
3 juillet 2008
http://fr.danielpipes.org/article/5725

Version originale anglaise: Which Has More Islamist Terrorism, Europe or America?
Adaptation française: Alain Jean-Mairet

«Depuis les attentats du 11 septembre, on a dénombré plus de 2300 arrestations liées du terrorisme islamiste en Europe, contre 60 environ aux États-Unis.» C'est ce qu'affirme Marc Sageman dans un nouvel ouvrage très remarqué: Leaderless Jihad: Terror Networks in the Twenty-First Century (Djihad sans leaders: les réseaux terroristes au XXIe siècle – University of Pennsylvania Press).

Dans un chapitre intitulé «Le fossé atlantique», Sageman tire de cette simple comparaison statistique des conclusions de grande envergure sur les conditions de vie bien meilleures des musulmans américains. «Le taux d'arrestation à la suite d'accusations de terrorisme au sein des musulmans est six fois plus élevé en Europe qu'aux États-Unis.» La raison de cet écart résiderait «dans la différence de la mesure dans laquelle ces communautés musulmanes respectives sont radicalisées». Et de louer «l'exception culturelle américaine», d'exhorter les gouvernements européens à «éviter de commettre des erreurs qui risquent de compromettre la bonne volonté dans la communauté musulmane» et de presser les Européens à prendre exemple sur les Américains.

L'argument de Sageman est en fait une resucée de ce que Spencer Ackerman écrivait dans un grand article de New Republic à la fin 2005 et dans lequel il estimait que «la culture de désaffection, de marginalisation et de djihad des musulmans d'Europe ne prend pas racine» aux États-Unis.

Marc Sageman – Djihad sans leaders: les réseaux terroristes au XXIe siècle (University of Pennsylvania Press).

Mais toute la démonstration de Sageman repose sur les nombres d'arrestations avancés, soit 2300 et 60. Sans même considérer d'autres explications possibles, telles que le système légal européen qui offre plus de possibilités d'effectuer des arrestations liées au terrorisme, ces chiffres sont-ils simplement corrects? Il les soutient par une note de bas de page brève et imprécise: «Mise à jour de Eggen et Tate, 2005; Lustick 2006: 151-52 approuve cette estimation.» Ici, «Eggen et Tate, 2005» fait référence à un article de presse en deux parties et «Lustick 2006» à un long discours extrémiste discrédité entre-temps.

En fait, les chiffres de Sageman sont scandaleusement inexacts.

Arrestations en Europe. Son nombre d'arrestations en Europe est exagéré. Les statistiques publiées par Europol (European Police Office) montrent que 201 islamistes étaient détenus dans l'Union européenne (sans le Royaume-Uni) sur des accusations de terrorisme en 2007, contre 257 en 2006. Les statistiques antérieures d'Europol sont moins claires, mais un examen attentif effectué pour moi par Jonathan Gelbart, de l'université de Stanford, montre que 234 arrestations ont eu lieu en 2005, 124 en 2004 et 137 en 2003. Dans l'ensemble, le nombre total d'arrestations pour terrorisme effectuées en Europe occidentale semble être inférieur à 1400.

Arrestations aux États-Unis. Selon le Département américain de la Justice, le chiffre de Sageman est presque dix fois trop bas. Une dépêche de Fox News cite un porte-parole du Département, Sean Boyd, indiquant que «527 prévenus ont été accusés dans des affaires liées au terrorisme dans le cadre d'enquêtes effectuées depuis le 11 septembre 2001. Ces cas ont débouché sur 319 condamnations, et 176 autres cas sont encore pendants.» D'autre part, comme je l'ai exposé dans «Aveuglement face au terrorisme» (et dans le billet qui lui fait suite), les politiciens, les membres des forces de l'ordre et les médias rechignent à admettre les incidents terroristes, de sorte que le nombre réel d'arrestations liées au terrorisme est sensiblement supérieur.

Compte tenu du fait que la population musulmane des États-Unis représente un septième de celle de l'Europe occidentale (3 millions et 21 millions), les chiffres de 527 arrestations aux États-Unis et 1400 en Europe indiquent que le taux d'arrestation des musulmans sur des accusations de terrorisme est deux fois et demi plus élevé aux États-Unis qu'en Europe, et non six fois plus bas, comme le prétend Sageman. En fait, Sageman (qui a décliné l'offre de se prononcer sur le présent article) se trompe d'un facteur de 15 environ.

Son erreur a des implications majeures. Si, en dépit des conditions de vie bien meilleures des musulmans américains, les États-Unis souffrent d'un taux de terrorisme islamiste deux fois et demi supérieur à celui de l'Europe, il est improbable que des améliorations socio-économiques puissent résoudre les problèmes européens.

Cette conclusion s'inscrit dans une démonstration plus large selon laquelle l'islamisme n'a guère de rapport avec des difficultés économiques ou autre. En d'autres termes, les idées comptent davantage que les conditions de vie personnelles. Comme je l'écrivais en 2002, «les facteurs qui provoquent le déclin ou l'essor de l'islam radical semblent liés à des questions d'identité, et non à des difficultés économiques». Quiconque accepte la vision du monde islamiste (ou communiste, ou fasciste), riche ou pauvre, jeune ou vieux, homme ou femme, en accepte aussi l'infrastructure idéologique qui peut conduire à la violence, terrorisme compris.

En termes politiques, les Américains n'ont pas de quoi se vanter. Certes, les Européens devraient prendre exemple sur les États-Unis pour la qualité bien supérieure de l'intégration de la population musulmane qui y règne. Mais ils ne devraient pas en attendre une réduction de leur problème de terrorisme. Celui-ci pourrait même s'en trouver aggravé.


 

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